vendredi 12 février 2021

Je suis une légende, Richard Matheson

Résumé :

Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l'abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie.

Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil ... Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu'aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme. Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l'ultime survivant d'une espèce désormais légendaire.

Mon avis :
Après avoir lu La route, de Cormac McCarthy, je reste dans cet esprit apocalyptique avec Je suis une légende, dont je connaissais déjà l'adaptation cinématographique.

Concernant la forme, j'ai beaucoup aimé la plume, très fluide et immersive de Richard Matheson. Ce livre se lit en voyant le film dans sa tête. Je dois dire qu'une fois lancé, on ne peut s'arrêter de lire et les pages se tournent toutes  seules. J'ai énormément aimé ce roman, et à chaque session lecture, j'avais du mal à m'arrêter. De plus l'auteur termine son récit avec un retournement de situation que je n'avais pas vu venir, et ce fut une réussite !

Concernant le fonds, j'ai trouvé ce récit très innovant malgré le fait que le scénario soit vu et revu. En effet on est face à une apocalypse zombie, et pourtant j'ai trouvé le point de vue de Robert Neville, le personnage principal, très novateur et original. Le récit se déroule entre 1976 et 1979, l'écriture est donc futuriste pour l'époque puisqu'il se déroule plus de vingt ans après l'année d'écriture. 

On aborde vraiment le côté scientifique des vampires. On se demande par exemple pourquoi les vampires ne sont actifs que la nuit, quel est l'impact des UV sur eux ; pourquoi reculent-ils devant l'ail, quelle est le composant de l'ail qui les fait fuir ? Quid des croix ? Quid des balles en argent ? L'auteur reprend tout les clichés millénaires sur les vampires, mais leur donne un coup de jeune avec un univers très moderne et scientifique, ce qui est très agréable. 
Robert Neville étudie au microscope le bacille responsable de cette "maladie" et fait énormément de recherches scientifiques sur le sujet. Initialement il cherche à créer un vaccin, puis se passionne sur le sujet. L'auteur parvient ainsi à captiver son lecteur. On est avec Neville dans son labo, et on a la sensation de faire les recherches avec lui.

Pour conclure, ce roman est vraiment très immersif et très bien écrit. Je ne peux que vous le recommander. De plus même si vous pensez connaître l'histoire pour avoir vu le film, le livre est beaucoup plus détaillé et passionnant.


Richard Matheson, Je suis une légende, première publication 1954, Folio SF, 2001, 228 pages

La route, Cormac McCarthy

Résumé :

L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d'une humanité retournée à la barbarie.


Mon avis :

J'ai découvert ce roman sur les recommandations de mon chéri. J'ai beaucoup aimé le style très épuré. Il n'y a pas de chapitre, simplement une succession de paragraphes courts.

En revanche je ne sais pas si ça vient de l'auteur ou du traducteur, mais il y a sans cesse des "et" ce qui alourdit beaucoup la lecture. Du coup je ne voyais plus que ça et j'avoue que cela a énormément perturbé ma lecture. J'ai failli abandonner le roman à 30 pages pour cette raison, mais j'ai tenu à m'accrocher, et effectivement cela vaut le coup !

Sur le fonds, nous suivons la relation d'un père et son fils livrés à eux-mêmes, devant survivre, minute après minute, ne pouvant plus se raccrocher à rien, n'ayant pas droit à une pause psychologique, devant tout le temps avancer, en danger permanent. Leurs péripéties sont très immersives et on a envie d'avancer pour savoir comment ils vont se sortir de situations parfois délicates ou dangereuses.

L'apocalypse a eut lieu, donc la Terre est totalement détruite, il y a eut beaucoup de morts, il n'y a plus d'infrastructures, plus de commerces, plus d'habitation. Il y a des survivants mais aucune entraide n'existe. En effet chacun tente de survivre et cache ses propres vivres, voire vole celles des autres.

L'auteur met parfois ses protagonistes dans des situations compliquées, et sait créer un suspens insoutenable par moment ! J'avais hâte de tourner les pages, impatiente de savoir ce qui allait se produite à tel ou tel détours, ou après avoir croisé telle ou telle personne.

Pour conclure, je ne suis pas fan de l'écriture, mais je vous conseille de passer outre et de vous accrocher car le fonds est vraiment génial. Pour ma part je vais me hâter de voir l'adaptation cinématographique !



Cormac McCarthy, La route, 2008, 2006 pour la première publication, Points, 251 pages

jeudi 31 décembre 2020

Les bébés de la consigne automatique, Ryû Murakami


Résumé
Hashi et Kiku, deux bébés abandonnés dans une consigne de gare, passent leur petite enfance dans un orphelinat. On suit en parallèle les destins des deux frères, décrivant le mécanisme qui les pousse à revivre sans cesse le traumatisme de leur enfance, racontant comment ces enfants purs et attachants passent du statut de victimes à celui de bourreaux

Mon avis
Ce roman se déroule au Japon, et il débute en 1972. On y suit Kiku et Hashi, deux enfants qui se sont rencontrés à l'orphelinat. 
Leur point commun ? Ils ont tous deux été abandonnés par leurs parents dans une consigne de gare, à peine quelques heures après leur naissance.
Là où, dans le même cas de figure, les bébés meurent habituellement et sont retrouvés trop tard, eux deux ont survécu.
Ils vont être ensemble tout au long du récit car ils seront adoptés par la même famille, et élevés comme des frères.
On va donc les suivre en quête de leur identité, les voir évoluer, être confrontés à la violence à l'école, aux moqueries des camarades,... Mais aussi lors de moments poétiques, comme lorsque Kazuyo, leur mère adoptive, les compare à une bogue contenant deux châtaignes ayant grandi dos à dos. 
Leur père adoptif est Shuichi Kuwayama, mais pour le coup il est assez discret et peu présent dans le récit.

Ce roman est très dur, les deux garçons sont marqués par leur histoire, et sont en quête perpétuelle de sérénité, qu'ils peinent à trouver. 
Kiku va se distinguer dans le sport, quand à Hashi il va devenir chanteur.
Je ne peux en dire plus au risque d'en révéler trop, mais il y aurait tellement à dire ! J'ai adoré cette lecture, qui m'a laissé dans un certain malaise. Ces deux protagonistes sont terriblement touchants, et on voudrait parfois pouvoir les aider, les prendre dans les bras et leur dire que ça va aller.
Ils ne parviennent pas à se construire pleinement, il restent toutes leur vie les bébés de la consigne automatique, et chacun de leurs actes va être influencé par cela.

Ce roman est vraiment abrupt, cru, violent et difficile. On suit ces deux garçons profondément marqués et cassés par leur histoire, qui ne se remettront jamais d'avoir été abandonnés, et qui vont construire leur vie sur des sables mouvants, étant à jamais instables mentalement et psychologiquement.

Concernant le rythme, l'auteur n'a pas lésiné. Il y a sans cesse des péripéties, le rythme est soutenu et on ne s'ennuie pas un seul instant.

Pour conclure ce récit est une grosse claque, que je vous recommande chaudement, quant à moi je vais m'empresser de voir l'adaptation cinématographique.


Ryû Murakami, Les bébés de la consigne automatique, J'ai Lu, 1996, 510 pages

L'Argent, Emile Zola

Résumé :
Dix-huitième volume des Rougon-Macquart, L'Argent est le premier grand western financier des temps modernes : bilans falsifiés, connivences politiques, fièvre spéculative, manipulations médiatiques, rumeurs, scandales, coups de bourse et coups de Jarnac, lutte à mort entre les loups-cerviers de la finance qui déjà rôdaient chez Balzac. S'inspirant de quelques faits divers retentissants, Zola décrit le culte nouveau du Veau d'or, la vie secrète de son temple, l'activité fiévreuse de ses desservants ; il dénombre ses élus et ses victimes. A l'heure des conflits économique planétaires, il faut revivre cette croisade et cette épopée du Capital. A l'heure où les audaces de la technologie bancaire nous font frémir, il faut relire cet hymne à la vie.

Mon avis :
Je poursuis ma découverte des Rougon Macquart, dans le désordre, avec ce dix-huitième tome. On va suivre Aristide Saccard, 50 ans, qui est le frère du ministre Eugène Rougon.

A travers lui le roman va se passer autour de la création de la banque universelle, des actionnaires et de la bourse. ici Emile Zola fait connaître au grand public le côté méconnu et un peu effrayant de la bourse.

Saccard veut repartir de zéro après une succession de mauvaises affaires. Il quitte donc son palais du parc Monceau et l'abandonne à ses créanciers. Il va donc temporairement être hébergé chez la princesse d'Orviedo rue St Lazare.

Il va avoir l'idée de fonder la banque universelle, destinée à financer des projets de mise en valeur du Moyen-Orient. Il va donc chercher à attirer des petits et moyens épargnants auxquels il va promettre de l'argent facile et rapide.

Par la suite, des communiqués, articles de presses, puis des rumeurs savamment dosées font s'envoler les titres de la société.

Saccard va se retrouver de nouveau au sommet de la gloire et de la puissance.
Je n'en dis pas pus sur l'intrigue. 

J'ai beaucoup aimé ce roman, qui m'aura accompagné presque toute l'année car je l'ai commencé en avril et terminé en décembre. J'ai d'abord lu un chapitre par-ci par-là, mais vers le milieu du roman je me suis vraiment plongée dedans pour le terminer, et à chaque session lecture j'étais vraiment immergée auprès de Saccard, voulant augmenter mon capital, cherchant à renforcer la confiance des actionnaires, étant stressée en même temps que lui, bref, j'ai beaucoup aimé ce roman.

Comme à chaque fois, je suis saisie par le talent de Zola pour nous immerger dans un nouvel univers à chacun de ses romans, et nous apprendre un million de choses.

Pour conclure je ne peux que vous recommander la lecture de ce roman. Et ce qui est merveilleux c'est que même si vous ne connaissez absolument rien à la finance, vous pourrez appréciez votre lecture, faites confiance à Zola !


Emile Zola, L'Argent, Livre de Poche, 1965, 501 pages.

mardi 27 octobre 2020

La terre des morts, Jean Christophe Grangé

Résumé
Le commandant Corso est saisi de l'enquête sur les meurtres de stripteaseuses à Paris et pense hériter d'une nouvelle affaire criminelle, mais il se trompe. Alors qu'un affrontement sans merci s'amorce avec son principal suspect, un peintre débauché et assassin, un nouvel adversaire change la donne : Claudia Muller, une avocate manipulatrice qui va projeter une lumière nouvelle sur cette affaire.

Mon avis : 
Je découvrais l'auteur à travers ce titre, et je me suis régalée ! 


D'abord sur le fond, je vous avoue que j'adore les thrillers assez glauques, durs et violents, et j'ai vraiment trouvé mon bonheur dans ce récit. 

En revanche si ce n'est pas votre fort, passez votre chemin ; en effet ce roman est assez violent et il faut à certains passages avoir les nerfs bien accrochés !

Nous suivons Stéphane Corso, un commandant qui travaille à la brigade criminelle et qui va mener une enquête sur des meurtres de stripteaseuses et sur Philippe Sobieski, un peintre soupçonné de meurtres.

Au fil de son enquête, nous allons immerger dans un univers assez spécial à base de bondage et de perversité sous toutes ses formes.

Nous suivons aussi Corso dans sa vie de couple, qui n'est pas de tout repos, auprès de sa femme Emilya et de son fils Thaddée. En effet cette-dernière l'accuse de ne pas être un bon père, et il devra faire ses preuves, sous peine de perdre la garde de son fils.


Sur la forme, les chapitres sont très courts, ce qui donne un très bon rythme de lecture, par la succession de scènes courtes et dynamiques. 

Le style est fluide, assez familier de part l'univers dans lequel prend place le récit, mais j'ai adoré.

Enfin le dénouement est juste extra, j'ai dévoré les dernières pages, voulant connaître le fin mot de l'histoire. 

Alors c'est mon premier Jean-Christophe Grangé, donc je ne connais pas encore ses ficelles et son style, mais pour le coup il m'a bien eue. Je me suis faite menée par le bout du nez jusqu'à la fin !


Pour conclure, je ne recommanderai pas ce roman à tout le monde, mais si vous avez lu ma chronique en entier et que ça vous parle, foncez !



Jean-Christophe GRANGE, La terre des morts, 2019, 672 pages, Livre de Poche

 

mardi 13 octobre 2020

Complètement cramé ! , Gilles Legardinier

Résumé :
En débarquant au domaine de Beauvillier, où personne ne sait qui il est réellement, il espère marcher sur les traces de son passé. Pourtant, rencontres et situations hors de contrôle vont en décider autrement... Entre Nathalie, sa patronne veuve aux étranges emplois du temps, Odile, la cuisinière et ses problèmes explosifs, Manon, jeune femme de ménage perdue et Philippe, le régisseur bien frappé qui vit au fond du parc, Andrew ne va plus avoir le choix. Lui qui cherchait un moyen d'en finir va être obligé de tout recommencer...

Lassé d'un monde dans lequel il ne trouve plus sa place, privé de ceux qu'il aime et qui disparaissent un à un, Andrew Blake décide de quitter la direction de sa petite entreprise pour se faire engager comme majordome en France, le pays où il avait rencontré sa femme.

Mon avis :

J'ai découvert ce livre sur la recommandation de ma sœur qui l'a adoré.
Cela fait longtemps que j'entends parler des romans feel-good de Gilles Legardinier mais je n'en avais jamais lu. J'ai donc découvert l'auteur avec ce roman, et je ne regrette pas ma découverte !

Sur la forme, j'ai lu ce roman très rapidement, un vrai page-turner. L'écriture est fluide, drôle, rythmée, et on tourne les pages sans même s'en apercevoir.

Concernant le fonds, j'ai beaucoup aimé ce roman, qui nous fait prendre du recul sur notre propre vie, au regard de ce que vivent les protagonistes.
Certains moments sont très émouvants, d'autres nous font pouffer de rire, un vrai exutoire.

Pour conclure ce roman est un petit bijou qui fait du bien, à lire pour passer un bon moment, pour se sortir d'une panne de lecture, ou encore pour se remonter le moral en cas de coup de mou ! Je vous le recommande chaudement


Gilles Legardinier, Complètement cramé !, Pocket, 2014, 417 pages.

vendredi 9 octobre 2020

La confrérie de la dague noire, tome 8

Résumé :
Une guerre fait rage à l’insu des humains.  Six vampires protègent leur espèce contre la Société des éradiqueurs. Ils sont regroupés au sein de la mystérieuse Confrérie de la dague noire. John Matthew a vécu parmi les humains, sans jamais suspecter sa nature de vampire jusqu’à ce que la Confrérie le trouve. même alors, son passé et sa véritable identité sont restés pour tous un mystère. lorsque sa vendetta personnelle à l’encontre de flhéau l’entraîne au cœur d’une guerre sans merci, il devra alors surmonter ses craintes afin de découvrir qui il est réellement. Car sans cela, il sera impuissant à venger son seul amour : Xhex, séquestrée et torturée par son pire ennemi.


Mon avis :
Ce roman m'a accompagné toute l'année 2020 puisque je l'ai commencé en mars, et terminé en septembre !
En effet j'ai eu du mal à être immergée dedans, pour autant je n'en tient pas rigueur au roman. Je pense juste que je me lasse de ce type de romance. Après l'avoir mis de côté plusieurs mois, je l'ai repris en septembre pour le terminer, et une fois replongée dedans, j'ai effectivement bien apprécié ma lecture.

Concernant la forme, les chapitres sont courts, ce qui donne du rythme à la lecture, je pouvais me poser même quelques minutes, et lire un chapitre ou deux, ce qui me permettait d'avancer rapidement.
Concernant le fonds, on suit ici Xhex et John, un couple attachant, comme tous les autres, mais aussi assez différent dans la mesure où les deux protagonistes sont tellement différents qu'ils ont du mal à se projeter l'un avec l'autre. 
Alors oui j'ai bien apprécié ce tome, pour autant, cette série reste très kitch, ce qui est léger et drôle quelques minutes, mais je commence à m'essouffler. 

Pour conclure, je ne déconseille pas ce tome. Ce ne fut pas mon préféré, mais la lecture en est agréable. Pour autant, la série compte maintenant 17 tomes, et je ne pense pas lire les suivants.


                                  
JR Ward, La confrérie de la dague noire, tome 8, l'Amant réincarné, Milady, 26 avril 2013