lundi 12 novembre 2018

Juliette de Saint-Tropez, Valentin Spitz

Résumé :
Orpheline de père, délaissée par sa mère, Nicole est une petite fille vive et solitaire. En devenant femme, elle découvre son pouvoir sur les hommes. Sa beauté et son tempérament font tourner les têtes. Mais son mari, Georges, se révèle vite irascible, alcoolique, violent. Nicole doit fuir. Jacques, un riche
entrepreneur, lui tend les bras. Il veut l’aider et la protéger – elle commet l’erreur de le croire.
Un jour, à bout, elle plaque tout. Direction le Sud, Saint-Tropez. C’est la métamorphose. Nicole se rêve en Brigitte Bardot, elle collectionne les amants, les chiens, les Ferrari rouges et décide de se faire appeler Juliette. C’est une nouvelle
vie qui commence... Jusqu’à ce jour d’été où elle disparaît mystérieusement.
Pour Lucas, le petit-fils, débute alors l’enquête, et avec elle le désir de percer les secrets d’une famille où les hommes n’ont jamais eu leur place. Le temps est venu de rompre la malédiction.

Portrait d’une femme hors norme, mêlant en permanence l’ombre et la lumière, Juliette de Saint-Tropez est aussi un hymne à ces mensonges choisis que l’on nomme fiction. 

Mon avis :
Tout d'abord je remercie Net Galley ainsi que les éditions Stock pour cet envoi.

Concernant la forme, ce récit est très fluide et très immersif, en conséquence de quoi on ne voit pas les pages se tourner. En effet je l'ai trouvé très bien rythmé et très dynamique grâce à une alternance de chapitre dans le passé et dans le présent.

En ce qui concerne le fond, j'ai beaucoup aimé le personnage de Lucas, dont l'on suit l'enquête familiale. Ce dernier essaye de retracer la vie de sa grand-mère Juliette ; qui de son côté est assez fermée au dialogue et refuse notamment d'évoquer sa relation avec son premier mari Georges.

On se prend au jeu et on veut en savoir plus sur ce qui est arrivé à Juliette pour qu'elle se forge ce caractère bien trempé. On en arrive à s'attacher à elle et, tout comme Lucas, on veut comprendre ce qui lui est arrivé.


Pour conclure je vous recommande chaudement cette lecture.


Valentin Spitz, Juliette de Saint-Tropez, Stock, 9 mai 2018, 612 pages.

Germinal, Emile Zola

Résumé :
Une des grandes grèves du siècle dernier racontée par un journaliste de génie qui en a fait un réquisitoire, un formidable « J’accuse » contre le capital, le roman de la lutte des classes et de la misère ouvrière. Un livre de nuit, de violence et de sang, mais qui débouche sur l’espoir d’un monde nouveau lorsque le héros, Étienne Lantier, quittant la mine « en soldat raisonneur de la révolution, » sent naître autour de lui une « armée noire, vengeresse… dont la germination allait bientôt faire éclater la terre ». Germinal marque l’éveil du monde du travail à la conscience de ses droits et c’est au cri sans cesse repris de « Germinal ! Germinal ! » que la délégation des mineurs de Denain accompagna le convoi funèbre de Zola à travers les rues de Paris.

« Le roman est le soulèvement des salariés, le coup d'épaule donné à la société qui craque en un instant : en un mot, la lutte du capital et du travail. C'est là qu'est l'importance du livre, je le veux prédisant l'avenir, posant la question qui sera la plus importante du vingtième siècle » Zola à propos de Germinal.

Mon avis :
J'ai découvert les Rougon-Macquart il y a quelques années et la plume de Zola par la même occason, et j'ai de suite adoré son écriture.
Depuis je souhaite lire toute la fresque ; j'ai donc lu Geminal cet été, et je me suis régalée.
J'avais précédemment vu l'adaptation cinématographique de 1993 avec Gérard Depardieu et Renaud, et j'avais les images du film qui me revenaient au moment de ma lecture.

Concernant le fond, j'ai vraiment beaucoup aimé ce roman. L'auteur nous immerge dans les mines de charbon du nord de la France auprès des mineurs. On vit leur quotidien, on ressent leur fatigue et leur agacement face aux conditions de travail difficiles compte tenu de la cadence qu'on leur demande de tenir. Ce roman est dur, il ne nous épargne pas car comme à son habitude, Emile Zola a retranscrit au mieux la réalité de son époque. Ce roman est très immersif, quand je le lisais sur ma pause déjeuner, j'avais du mal à lâcher le livre au moment de devoir retourner au travail.

En ce qui concerne la forme, chaque personnage est extrêmement bien campé, tous ne sont pas attachants, mais dans tous les cas ils ne laissent pas indifférents. Le style est très descriptif mais tellement immersif que ça ne m'a pas dérangé une seconde.

Pour conclure je suis ravie d'avoir découvert ce roman et j'ai hâte de poursuivre ma découverte des Rougon-Macquart.


Emile Zola, Germinal, Presses Pocket, 1990, 622 pages

mardi 28 août 2018

My life matters, Jay Coles

Résumé :
«  Je n’oublierai jamais Tyler. Je ne veux pas que le reste du monde l’oublie non plus.  »

Marvin Jonhson, 17 ans, est un excellent élève qui fait tout pour éviter les ennuis. Mais quand on est noir dans une Amérique de blancs, les ennuis ne sont jamais loin. Lorsque Tyler, son frère jumeau, va à une soirée organisée par un gang du quartier, Marvin l’accompagne, avec la ferme intention de veiller sur lui.
Soudain, c’est le chaos. Descente de police, coups de feu. Marvin perd son frère dans la panique. Le lendemain matin, Tyler n’est toujours pas à la maison. Aucune nouvelle de lui. Lentement, la réalité s’impose  : il a disparu.
Pendant les jours qui suivent, Marvin et sa mère cherchent Tyler sans relâche. Jusqu’à ce qu’on leur annonce que le corps de Tyler a été retrouvé. Mais la vidéo qui tourne sur le web raconte une histoire encore plus glaçante  : Tyler a été abattu par un policier, alors qu’il essayait de rentrer chez lui.
Après ce drame, les réseaux sociaux s’emparent de l’histoire. Marvin semble être le seul à ne pas oublier que Tyler était plus qu’un fait divers…

Mon avis :
J'ai reçu ce livre en format numérique grâce à un tout récent partenariat avec Net Galley, merci à l'éditeur pour sa confiance.

Ce roman est vraiment incroyable. Ce fût un énorme coup de coeur, et je l'ai dévoré, n'arrivant tout simplement pas à en sortir.

Concernant la forme,  le style est incroyablement fluide, les pages se tournent sans même qu'on s'en rende compte. L'auteur a dosé son rythme à merveille. L'attention du lecteur est maintenue d'un bout à l'autre du récit.

Concernant le fond, on suit Marvin, un jeune homme de dix sept ans, qui nous raconte la condition des noirs de nos jours aux États-Unis. Il nous raconte les violences policières, les injustices, et le fait que lorsqu'on est noir aux États-Unis, on part avec un handicap.

Ce roman est tellement représentatif de ce qui se passe dans le monde, qu'il en est terriblement puissant.

Je me suis sentie particulièrement concernée par ce roman, ayant assisté moi-même à des violences policières et à un abus de pouvoir il y a de ça deux ans. Ces faits existent, et ça n'arrive pas qu'aux autres.

Je vous recommande plus que chaudement ce livre, c'est une pépite, ne passez pas à côté !


Jay Coles, My life matters, Hachette, 04 juillet 2018, 260 pages, traduction de Brigitte Hébert.

Apprendre à dire non, Delphine Barrais

Résumé :
Apprendre à dire non NON : ces 3 lettres ne font pas partie de votre vocabulaire ? Dans un milieu professionnel et personnel vous ne parvenez jamais à refuser quoi que soit à vos interlocuteurs ? Il est peut-être temps de vous interroger et de vous demander pourquoi vous culpabiliser et comment y remédier, car dire non c'est faire preuve de professionnalisme, c'est donner de la force à vos engagements pour mieux vous faire respecter. Ce guide vous invite à vous poser les bonnes questions pour enfin apprendre à dire non. > De quoi suis-je capable aujourd'hui ? > Pourquoi est-il si difficile de dire « non » ? > Comment trouver les bons mots ? De nombreux tests, exercices et témoignages vous accompagnent dans cette voie. Delphine BARRAIS est journaliste indépendante. Elle travaille pour la presse magazine (Côté Mômes, Impact Médecine) après des débuts en presse quotidienne (Ouest-France). Elle est l'auteur d'une dizaine de guides de management (efficacité professionnelle et développement personnel). 

Mon avis :
Ce livre m'a été offert par une amie pour mon anniversaire, après que l'on ai parlé quelques mois plus tôt du fait que j'avais du mal à dire non, et je l'en remercie (Plume si tu passes par là ! :))

J'ai beaucoup aimé cet ouvrage. Je l'ai trouvé enrichissant et très intéressant. Il nous donne des pistes de développement personnel en nous expliquant de commencer par une phase d'introspection, à savoir se demander dans quelles situations on ne parvient pas à dire non, auprès de quelle sphère (privée, loisirs, professionnelle,...) pour en apprendre plus sur soi et comprendre comment réussir à s'affirmer.

Il nous explique également comment réussir à imposer son point de vue sans brusquer les autres ni les mettre dans l'embarras, comme par exemple trouver une solution alternative pour qu'ils ne soient pas obligé de faire appel à nous pour telle ou telle tâche.

Quand on se dirige vers ce genre d'ouvrage, c'est souvent car on est quelqu'un d'assez effacé, qui a des difficultés à s'imposer, et l'auteur aborde aussi cet élément. C'est un vrai livre de développement personnel qui fait du bien et duquel on sort motivé et confiant.

Le seul reproche que je ferais à cet ouvrage concerne l'un des tests qui le compose. En effet je pense qu'il a mal été relu car les réponses sont faussées. Je m'explique, quand on arrive à la fin du test pour découvrir notre résultat, on s'aperçoit que les réponses correspondant aux difficultés à dire non renvoient en fait aux résultats de quelqu'un qui serait sûr de lui. Du coup on pense qu'on est en accord avec le non alors que c'est le contraire, et vice-versa.

Pour conclure, mise à part ce petit bémol, qui sera corrigé en un clin d’œil dans une réédition, je trouve cet ouvrage très réussi et chacun devrait l'avoir dans sa bibliothèque pour le consulter au besoin. Je vous le conseille.


Delphine Barrais, Apprendre à dire non, Studyrama edition, mars 2011, 128 pages

Le baiser au lépreux, François Mauriac

Résumé :
Jean Péloueyre est riche, mais d’une laideur peu soutenable. Or voici que pour des raisons pécuniaires on arrange son mariage avec la jolie Noémi d’Artiailh. Les deux jeunes époux vont connaître un conflit parallèle, lui entre son amour et la conscience de sa laideur, elle entre son désir d’être une authentique épouse chrétienne et sa répugnance physique pour le mari qu’on lui a imposé. Paru en 1922, Le Baiser au lépreux fit scandale et imposa l’univers mauriacien, où les turpitudes cachées des familles bourgeoises se mêlent aux thèmes du romancier chrétien. Il marque le début d’une série de chefs-d’œuvre, qui culminera avec Thérèse Desqueyroux et Le Nœud de vipères.

Mon avis :
J'ai souhaité lire ce livre pour plusieurs raisons ; d'une part ma maman m'a prêté ce livre récemment après l'avoir lu et me l'avoir recommandé, et d'autre part je suis tombée sur les instastories de Lemon June qui donnait son avis au fil de sa lecture, et qui a fini de me convaincre !

C'est un roman très bien écrit, le style est fluide et le personnage de Jean est très attachant ; cependant il m'a un peu laissée perplexe.

Je comprends qu'il traite de l'image de soi et de la façon dont cela peut influencer notre vie, mais je n'ai pas forcément compris le parti pris de l'auteur.

Tout est du point de vue de Jean, ainsi tout est exagéré car il a une piètre perception de lui-même. Il se décrit comme ignoble, repoussant, rebutant, alors que si l'on se réfère à la description qu'en fait l'auteur, ce n'est juste pas un canon de beauté, car il a le visage un peu ingrat.

Je n'ai pas bien saisi le rapport de Jean avec son épouse Noémi. Cette-dernière ne m'a pas convaincu, je la trouve assez superficielle et pas assez creusée. Elle semble malheureuse en présence de Jean mais encore une fois il s'agit uniquement du point de vue de Jean et on n'a pas sa propre version des faits.
Pour autant , sans spoiler, son discours change radicalement à la fin du roman et cela m'a un peu laissée perplexe.

En conclusion j'ai beaucoup apprécié ma lecture, mais je n'ai pas forcément saisi la morale que voulait inculquer l'auteur. Si vous avez lu ce roman, je serai curieuse de savoir comment vous l'avez compris.


François Mauriac, Le baiser au lépreux, Livre de Poche, 1922, 177 pages.

mercredi 22 août 2018

L'espoir des Neshov, Anne B Ragde

Résumé :
Après des années de splendeur puis de misère, la ferme des Neshov est désormais à l'abandon et la famille éclatée. 

Seul à Trondheim, Margido s'est tourné vers Dieu et se voue à son entreprise de pompes funèbres, mais peine à s'épanouir dans sa vie privée. À la tombée du jour, ni les tartines trop riches, ni les soirées dans son sauna personnel ne comblent le vide. 

À Copenhague, en revanche, pour son frère Erlend et son compagnon Krumme, désormais heureux parents de trois bambins, les journées ne connaissent aucun répit. Pris dans le tourbillon des couches, des biberons et des bobos, ils en viendraient presque à s'oublier eux-mêmes. 
Quant à leur nièce Torunn, installée à Oslo avec Christer, elle s'interroge sur l'avenir d'une relation dans laquelle tromperies et résignation ont succédé à un temps de folle passion. 
À quarante ans, les choix qui se profilent seront cruciaux. 

Une famille, quatre destins, quatre existences ancrées dans des réalités bien différentes que chacun questionne afin de trouver sa place dans le monde. 

Mais après tout, la vie n'est-elle pas cette quête permanente portée par l'espoir de trouver sa plénitude ?

Mon avis :
J'ai beaucoup aimé ce quatrième tome. Il y a encore une fois beaucoup de dynamisme et de rythme. Il y a aussi dans l'écriture d'Anne B Ragde beaucoup d'humour et de légèreté pour contrebalancer des sujets graves et importants.

J'ai pour ma part lu ce tome très peu de temps après le troisième, mais dans le cas contraire, l'auteure fait un petit rappel au début du récit de ce qui est arrivé aux différents protagonistes dans les tomes précédents. J'ai trouvé ça plutôt bien pensé car c'est très court, ça permet juste de se remémorer le tome précédent pour repartir pleinement dans le quatrième.
 
Les personnages sont tous très attachants. Dans ce tome on s'attache beaucoup au personnage de Torunn : j'ai beaucoup aimé les moments un peu introspectifs où elle s'interroge sur sa vie, sur ses vrais besoins et sur ses remises en question.
On en apprend plus sur Margido également, ce que j'ai beaucoup aimé car j'ai de l'affection pour ce personnage. Lui qui travaille dans les pompes funèbres donne aux gens une première impression assez austère, comme dit Torunn : "un rectangle gris", alors qu'en réalité sous son apparence distante et froide se cache un homme fiable, très humain, spirituel, et sincèrement gentil.

Quant à la fin, elle est celle qui parait la plus logique. L'auteure aurait pu amener ce dénouement à la fin du troisième tome, pour autant ce dernier tome nous permet de savourer encore plus la résolution de cette saga.

Pour conclure je vous recommande chaudement cette série qui est vraiment très bien écrite, qui se place dans son époque, avec des sujets actuels, et surtout qui permets de soulever des problématiques très diverses desquelles on ressort enrichi.


Anne B Ragde, L'espoir des Neshov, 10/18, 2017, 2016 pour la première publication, 358 pages.

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Ma chronique du tome 1 était postée sur mon ancien blog
Ma chronique du tome 2 (lien)
Ma chronique du tome 3 (lien)

dimanche 19 août 2018

Le crime est notre affaire, Agatha Christie

Résumé :
Le couple Beresford s’ennuie : elle à la maison, lui dans son bureau des Services Secrets britanniques. Aussi quand le chef des services spéciaux leur propose de reprendre une agence internationale de détectives, ils sautent sur l’occasion, trop heureux d’être à nouveau ensemble sur le terrain. En dix-sept nouvelles, Agatha Christie va mettre en scène ce couple qu’elle adore et auquel elle s’identifie : les Beresford, des détectives drôles et futés auxquels aucune affaire ne résiste. C’est aussi l’occasion en dix-sept pastiches, de rendre hommage aux grands noms de la littérature de « détection » anglo-saxonne : le Père Brown, Chesterton, la Baronne Orczy… sans oublier Sherlock Holmes bien sûr !

Mon avis :
Ce roman est la suite de Associés contre le crime. Je l'ai donc lu juste après. Je n'ai pas grand chose à ajouter, ayant déjà tout dit dans ma chronique du premier tome.

On suit Tommy et Tuppence qui gèrent une agence de détectives privés depuis que le chef de la police le leur a suggéré. Les enquêtes sont très bien menées, et on peut jouer le jeu d'en découvrir le dénouement en même temps que nos détectives. Le chapitre intitulé L'agent n°16 a été mon enquête préférée.

Le couple fait beaucoup de références à d'autres détectives célèbres à travers la littérature ce qui est assez ludique. C'est un roman qui se lit très rapidement, qui est très bien mené, et qui saura vous faire passer un agréable moment de lecture.


Agatha Christie, Le crime est notre affaire, éditions du Masque, 1972, 186 pages.